Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Bricolage, répression et paix civile

Publié par The Algerian Speaker sur 27 Mars 2011, 14:33pm

Catégories : #Les chroniques de Mustapha Hammouche

Monter, de nuit, une baraque pour justifier sa demande de logement. Si le procédé est contrarié, c’est l’émeute. Se trouver une place dans les rues dédiées au commerce informel. Et si l’on en est chassé, c’est l’émeute. Se procurer un quota de billets d’entrée pour le match de l’équipe nationale, sinon c’est l’émeute.
Chaque jour, ici ou là, un début d’incendie appelle l’intervention des troupes. Il suffit de prendre la route pour croiser ou dépasser un convoi de forces de l’ordre en partance ou de retour d’une intervention. Alliant sa traditionnelle politique de répression à la nouvelle pratique de “paix contre petites affaires”, l’état oscille désormais entre matraque et permissivité. Des sous par-ci, des coups par-là : ainsi va la paix civile, en Algérie.
Les gardiens de parkings sauvages, un moment pourchassés, ont fini par être tolérés ; aujourd’hui, c’est une institution qui fait partie du système urbain national. Les chalets provisoires mis en place pour répondre à la situation d’urgence née du séisme de 2003, invariablement légués par leurs occupants logés à des “héritiers”, remplissent désormais une fonction définitive d’antichambre au relogement.
La disponibilité pour la manifestation sonore est instrumentalisée par le pouvoir quand il peut lui faire exprimer le soutien exalté de la jeunesse à ses dirigeants. Sous forme de baltaguia traquant d’autres manifestants ou sous forme d’expédition sonore et improvisée allant confirmer la réussite nationale, réduite à un score de match, à Oumdurman. Ce qui fait que, comme aujourd’hui, à Annaba, les rencontres de l’équipe nationale de football sont surchargées d’un double enjeu politique et sécuritaire. On ne peut pas toujours user de la fougue juvénile dans le sens qu’on veut. Elle se retourne parfois dangereusement contre l’ordre public. Les autorités le savent pourtant et leurs appréhensions sont parfois difficiles à cacher, comme le montre cet “appel au fair-play”, lancé avant-hier par la FAF.
La quantité d’argent investi dans ce “onze” est la mesure de la dimension mobilisatrice que le populisme politique lui a confiée. Cette façon de faire de l’équipe nationale un véhicule de promotion de la gestion politique du pays a fait qu’elle constitue, aujourd’hui, et contrairement à ce que prétend la réforme du championnat de football, la seule équipe professionnelle du pays. Avec ses multiples produits dérivés, ses joueurs surpayés, ses nombreux sponsors…
Dans l’intention de favoriser la revendication sociale pour enrayer son éventuelle jonction avec la revendication politique, le pouvoir s’investit dans le financement conjoncturel et sélectif de la paix civile. Mais loin de s’assurer ainsi l’économie d’une répression, celle-ci semble croître, malgré la franchise du commerce informel, malgré une gestion qui court après le cycle bidonville-émeute-logement et d’autres manifestations du couple infernal business-violence. Les petits arrangements de circonstance peuvent provisoirement calmer un quartier ou une catégorie sociale et les exploits d’un dream-team triomphant peuvent, parfois, et pour un temps, plonger les Algériens dans un état de communion euphorique. Mais rien ne saurait remplacer une politique de développement qui ferait du loisir, de la culture et du sport des activités nationales à part entière, libérées de l’emprise politicienne.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr         
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